Terresdemotions RandosMercantour était à Péone ce dimanche. Départ ce matin de Péone, village perché au-dessus de la vallée du Var. La neige est absente sur les premières pentes ; les raquettes restent fixées au sac pendant une courte marche d’approche.
Progressivement, l’altitude se fait sentir et le manteau neigeux devient continu. À l’orée d’un sous-bois de pins, les raquettes sont chaussées. La progression change immédiatement de rythme : pas plus larges, appuis plus francs, respiration régulière. La montée s’effectue en silence, amortie par la neige. La forêt filtre la lumière et renforce l’impression d’isolement.
À l’approche de la ligne de crête, l’enneigement devient nettement plus abondant. Les nuages ferment l’horizon. Aucun panorama dégagé, mais une présence diffuse du paysage. On devine le fond de vallée, les reliefs successifs, les villages accrochés aux pentes. L’imagination complète ce que la vue refuse.
Quelques indices de vie ponctuent l’itinéraire : des traces fines et directes de chamois, des empreintes plus larges attribuables à un cerf. Elles traversent la pente avec assurance. Aucun autre passage humain. La montagne semble réservée au groupe pour la journée.
Les nuages évoluent en permanence. Ils se déplacent lentement, se déchirent par instants, laissant entrevoir des fragments de vallées avant de refermer le rideau. Pas de vent notable. L’air reste froid, presque immobile. Cette absence de mouvement renforce l’atmosphère feutrée du sommet.
La descente s’effectue par le même itinéraire. La trace est inexistante à l’aller ; elle est désormais tracée par nos propres pas. La progression devient plus fluide. Le sentier, à peine perceptible sous la neige, offre une descente régulière et agréable. La glisse contrôlée des raquettes facilite le retour sous les pins, puis la transition vers la zone déneigée.
Aucun randonneur croisé, aucune voix étrangère. Une journée entière dans une montagne silencieuse, dédiée au groupe, entre brume, neige et solitude maîtrisée.








