Week-end randonnée et bivouac dans la Haute Tinée, au cœur d’un massif sauvage où la montagne règne encore en maître.
Dès le premier jour, nous prenons de l’altitude pour parcourir un itinéraire exigeant jalonné de quatre cols culminant à plus de 2 500 mètres. Le sentier suit par endroits les vestiges de l’ancienne ligne Maginot alpine des années 1930, témoins silencieux d’une époque où ces sommets constituaient une frontière stratégique. Les fortifications, accrochées aux crêtes, se fondent aujourd’hui dans le paysage minéral.
Au fil de la journée, les panoramas se succèdent, toujours plus vastes. Après plusieurs heures d’effort, nous atteignons les lacs de Braissette où nous installons notre bivouac d’altitude. Le décor est exceptionnel : des eaux limpides reflètent les sommets environnants dans une ambiance de bout du monde.
La soirée débute naturellement autour d’un apéritif partagé : saucisson, rosé bien frais et discussions animées face aux dernières lumières du jour. Chacun prépare ensuite son repas sur son réchaud, profitant du calme absolu de la montagne. Avant de rejoindre les tentes, une petite balade autour des lacs permet de savourer une dernière fois la sérénité des lieux. Puis la nuit tombe, dévoilant un ciel d’une pureté remarquable où les étoiles semblent infinies.
Le lendemain matin, la randonnée reprend en direction du col de Cime Plate. Malgré la saison avancée, un névé résiste encore sur le versant nord. Impossible de résister à une petite glissade improvisée sous le regard impassible d’un bouquetin observé au loin. Quelques autres névés parsèment encore le parcours, rappelant que l’hiver n’est jamais très loin à ces altitudes.
Le sentier de haute montagne évolue ensuite au milieu d’un décor grandiose dominé par les plus hauts sommets du secteur, notamment le majestueux Pelat et le Cimet. Trois nouveaux cols viennent mettre les organismes à l’épreuve. Les jambes se font lourdes, mais chaque passage ouvre sur de nouveaux horizons qui récompensent largement les efforts consentis.
Avant le retour, une dernière pause s’impose aux sources du vallon de la Braïssa. Installés sur une pelouse alpine parsemée de mélèzes, nous profitons une dernière fois de la fraîcheur de l’eau et de la tranquillité du lieu.
Au-delà de la performance sportive, ce week-end restera marqué par une ambiance conviviale, aussi bien au campement que dans l’effort. Deux jours passés dans une montagne préservée, loin de toute agitation, avec des paysages à couper le souffle et cette sensation rare d’être seuls au monde au cœur de la Haute Tinée.








