Terresdemotions RandosMercantour était à l’Audibergue.
Le départ est donné à 9h15. Le groupe compte douze personnes. L’ambiance est concentrée, presque silencieuse. Le minibus arrive sur la réserve, détail anecdotique mais révélateur d’une journée engagée dès les premiers instants.
La montée débute en lisière de forêt. La neige est vierge. Il faut faire la trace. L’effort est régulier, méthodique. Les raquettes crissent sur une couche froide et sèche. À part quelques silhouettes lointaines, isolées sur un versant opposé, la montagne est déserte.
En gagnant de l’altitude, la forêt s’éclaircit. La ligne de crête se dessine progressivement, offrant un panorama large et structuré. D’un côté, la mer apparaît, fine bande bleutée à l’horizon. De l’autre, les reliefs de la Corse se déploient en ondulations successives. Le contraste est net : au loin, des sommets enneigés accrochent la lumière ; plus près, les montagnes calcaires exposent leurs teintes claires, presque minérales, dépourvues de manteau blanc.
Le déjeuner se prend dans une doline, creux naturel formé par l’érosion karstique. L’endroit est abrité du vent. Le soleil y est franc, presque chaud malgré l’altitude. Les sacs s’ouvrent, les thermos circulent.
La descente s’engage entre pins et buis. L’itinéraire n’est pas strictement tracé : il se décide au terrain, au relief, à l’intuition. La neige alterne entre zones préservées et passages plus travaillés.
On croise les traces fines d’écureuils, les empreintes plus marquées de lapins, et parfois celles, plus larges, de cerfs ou de biches. La forêt devient un espace de lecture.
En fin d’après-midi, le groupe rejoint la station. La lumière décline. La journée se conclut au bar du coin, à L’Audibergue, autour du traditionnel verre du randonneur.








